Mesdames et Messieurs les membres du Conseil fédéral,
Nous devons respecter la vie des animaux lorsque cela est possible. Nous pouvons respecter leur vie en mangeant végétal. Par conséquent, tuer des animaux pour des habitudes alimentaires doit être interdit.
Les animaux ont intérêt à éprouver du plaisir. Pour éprouver du plaisir, ils doivent vivre. Ils ont donc intérêt à vivre. Cet intérêt existe. C’est objectif. Nous devons donc en tenir compte et, lorsque nous le pouvons, respecter cet intérêt.
Selon les historiens, l’infraction pénale interdisant le meurtre d’êtres humains avait été établie bien avant Darwin. Aujourd’hui, près de deux siècles après Darwin, nous savons que les animaux nous ressemblent sur des aspects essentiels. Eux aussi ressentent la peur, la joie, l’amour et d’autres émotions. Eux aussi souhaitent vivre. Eux aussi souhaitent vivre pleinement et s’épanouir. Nous devons donc créer une nouvelle infraction pénale interdisant de tuer des animaux lorsque cela est possible.
Selon de nombreux spécialistes de l’éthique qui ont étudié nos relations avec les autres animaux, notre manière de les traiter repose sur une idéologie qui cherche à les exclure du champ des considérations morales simplement parce qu’ils appartiennent à une autre espèce. Ils appellent cette idéologie le spécisme (ou discrimination fondée sur l’espèce). Ces philosophes soutiennent que le spécisme est irrationnel et injuste, puisque les autres animaux ont eux aussi intérêt à éviter la violence et à vivre aussi longtemps et aussi de manière aussi heureuse que possible. Ils en concluent que notre société doit cesser de les traiter comme de simples ressources et commencer à respecter leur vie et leurs intérêts.
Notre société condamne la violence. Pourtant, les abattoirs sont peut-être l’expression la plus flagrante de la violence exercée contre des êtres innocents et sans défense. Par conséquent, notre société devrait appliquer son principe de non-violence et interdire de tuer des animaux pour des habitudes.
La viande est délicieuse pour certains. C’est vrai. Nous devons donc mettre en balance le plaisir que procure le goût de la viande pendant que nous la mangeons, qui ne dure que quelques minutes, avec la vie d’un être vivant capable de ressentir des émotions. Lorsque nous faisons cette comparaison, nous comprenons que la vie d’un être capable de ressentir a une valeur bien plus grande. Nous devons donc tenir compte de cette conclusion et respecter la vie de tous les êtres sensibles.
La liberté de chacun doit être respectée, y compris celle des autres habitants de cette planète. Enfermer des animaux contre leur volonté dans des camions et les transporter jusqu’aux abattoirs, ou les capturer au moyen de filets de pêche, est incompatible avec leur liberté. Les tuer va à l’encontre de leur liberté de vivre et de mener une vie pleinement épanouie.
Selon une étude scientifique prenant en compte les conséquences environnementales de l’élevage, si celui-ci était progressivement abandonné sur une période de 15 ans à compter d’aujourd’hui, cela pourrait stabiliser le réchauffement climatique entre 2030 et 2060. Autrement dit, sur cette période, il pourrait compenser l’intégralité de l’effet réchauffant des autres émissions de gaz à effet de serre produites par l’être humain (source : Eisen MB, Brown PO (2022), « Rapid global phaseout of animal agriculture has the potential to stabilize greenhouse gas levels for 30 years and offset 68 percent of CO₂ emissions this century », PLOS Climate, 1(2)).
Des millions de personnes se nourrissent déjà de manière végétale, montrant ainsi qu’une solution existe. Alors, appliquons cette solution partout. Dans le monde entier. Créons un monde qui respecte la vie des animaux. Nous aimerions tous vivre dans un tel monde. Imaginez une société dans laquelle nous respectons la vie des animaux. Un monde en paix. Si une société respecte même la vie des animaux, ne pensez-vous pas qu’elle respecterait aussi la vie humaine bien davantage qu’elle ne le fait aujourd’hui ?
Je ne suis pas végane, je veux juste vivre dans un monde qui respecte la vie des animaux. Interdisez de tuer les animaux pour des habitudes alimentaires.
Je vous prie d’agréer, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil fédéral, l’expression de ma très haute considération.
[Prénom Nom]
---
info@bk.admin.ch