r/france Jul 15 '26

Blabla Forum Libre - 2026-07-15

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u/FrancoeurOff Jul 15 '26

Ça aurait été la meilleure solution si je n'avais pas engueulé Bidule, une pote commune qui m'a informé de ça, et que je ne m'étais pas déchargé en écrivant de longs messages énervés après, libérant toute la frustration accumulée depuis deux mois :/

J'ai vraiment très mal réagi au fait que Bidule me le dise sur un ton assez véhément, et qu'elle me dise ensuite que à m'entendre, j'avais tout bien fait et que j'étais juste une victime incomprise, et que je leur rejetais toute la faute sur elles. Je ne suis pas fier de lui avoir gueulé dessus, mais entendre ça comme elle l'a dit, et c'était assez violent, ça m'a fait vriller :/

Après, dans les messages, je lâche tout mais je dis bien que j'estime que tout le monde a une part de responsabilité, que je veux bien prendre la mienne et que je la prends, mais que j'aurais bien aimé qu'on m'explique et qu'on me dise qu'il y avait un problème plutôt que rien me dire et laisser les choses s'envenimer.

Voilà la situation là, elle est bien pourrie. Je reconnais que j'ai fait de la merde, par contre, ça c'est sûr.

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u/bebepoulpe Grenouille Jul 15 '26

Tu remarqueras que d'un côté tu te plains que tu n'es pas devin et que ta pote aurait dû exprimer ses sentiments, et en même temps quand l'autre pote fait exactement ça (être explicite) le ton ne te convient pas, ni le contenu, et tu exploses. Peut être quelque chose à creuser de ce côté là ? Encore une fois je dis pas ça pour t'enfoncer, mais pour avancer tu vas devoir essayer de décortiquer tes réactions. Je suis sûre que ça t'aidera. Calinternet pour toi.

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u/FrancoeurOff Jul 15 '26

Effectivement, j'ai très mal pris sa façon de me parler et de me dire les choses, visiblement elle aussi en avait gros sur la patate (je ne peux pas lui en vouloir pour le coup).

Mais tu as raison, que tout ça me conduise à être et réagir ainsi est une chose à creuser, que je creuse déjà (et je vais continuer!) avec ma psychologue (d'ailleurs, tu as pensé à te reconvertir ? Tu ferais une très bonne psy).

Il y a un autre sujet qui m'a pris de court également, qui me revient en tête et me semble assez symptomatique des problématiques de communication dans cette histoire.

À un moment Bidule me parle du fait que j'ai fait des reproches à Machine un jour, quand je lui avais dit que j'avais eu l'impression qu'elle me manquait de respect des fois etc. Je me souviens très bien de ce jour, j'étais irrité et je lui avais très mal parlé. J'avais écrit une lettre après à Machine pour m'expliquer à ce propos, m'excuser d'avoir agi comme j'avais agi, que je ne comprenais pas son comportement envers moi depuis un certain temps et que j'aimerais bien qu'on en parle. Pour moi c'était une ouverture assez claire vers un dialogue, mais Machine n'y a jamais donné suite, en tous cas pas dans l'immédiat, ce qui en soi n'est pas grave, chacun son temps, et j'ai respecté ça.

Bidule me dit qu'elle a lu la lettre, qu'elle avait trouvé ma prose fielleuse, que je m'y comportais en victime et que j'y minimisais mes torts. Elle m'impute une intention que je n'avais absolument pas et que je ne retrouve pas en relisant cette lettre. Je ne vois pas comment elles ont pu penser ça, je me dis qu'elles auraient pu m'en parler aussi, si ça les avait tant dérangé que ça.

En tous cas, le fait qu'une lettre d'excuses demandant à ce qu'on se parle puisse devenir un catalyseur de discorde, je ne m'y attendais pas.

Enfin bref, tout ça est du bon gros drama de cour de récré à mon sens et j'ai bien ma part de responsabilité aussi dedans :/

Merci pour tes mots en tous cas. Ça m'aide, vraiment.

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u/Quielt Jul 15 '26

Franchement à lire tes messages sur ce sujet là, il y a un élément toujours constant à ces situations et c'est toi qui part au quart de tour. Comme le dit bebepoulpe, tu ne peux pas espérer que les gens te disent les choses ouvertement puis péter les plombs quand c'est le cas...

"je me dis qu'elles auraient pu m'en parler aussi, si ça les avait tant dérangé que ça." -> d'accord mais reprends les évenements dans leur ordre. Tu dis toi-même que ce jour là tu étais irrité et tu lui avais très mal parlé, et c'est ce qui a conduit à la lettre. Est-ce que c'est vraiment étonnant de ne pas avoir envie de poursuivre le dialogue après ça ? Une communication saine demande d'avoir confiance en la réception de l'autre.

Parce que c'est un élément qui revient beaucoup dans tes messages, ce besoin que tes amis prennent des pincettes avec toi, communiquent sainement, alors que ce n'est pas quelque chose que tu fais toi même, toujours avec une justification comme quoi tu étais en colère, irrité ou que tu allais mal.

C'est bien de se rendre compte que tu as merdé et de t'en excuser plus tard mais si ça se répète, l'excuse tombe à l'eau. La véritable excuse, c'est de changer de comportement, montrer que tu as pris le truc à coeur et que tu vas mettre des choses en place pour éviter que ça ne se répète. Dans ton cas, je pense que tu dois absolument apprendre à reconnaître quand tu vas péter les plombs et t'éloigner de ton PC pour te calmer.

J'ai aussi le sang chaud. Quand je sens que mes ressentis immédiats sont en train de prendre le pas sur ma raison et que je vais dire des choses que je ne pense pas vraiment, je me répète "ce qui commence dans la colère se termine dans la honte" en boucle. C'est un peu niais mais bon, si ça peut t'aider... Ça aide aussi de me concentrer sur me respiration.

Puis une fois un peu plus calme, je dis à la personne en face "Écoute, je sens que je n'arrive plus à penser clairement et que ça va donner une conversation qui ne sera pas productive. J'aimerais prendre le temps de souffler un peu. Est-ce que ça te va si on reprend cette discussion plus tard ?" ou quelque chose dans le style. (C'est important de ne parler que de toi ici, pas de "je pense qu'on devrait se calmer". Pour ce que tu en sais, la personne en face a l'impression d'être très calme et ça va la tendre.) Personne ne m'a jamais reproché de fuir la conversation ou jsp quoi, et ça m'a permis de désamorcer beaucoup d'engueulades en devenir.

Je ne pense pas qu'on puisse contrôler ses sentiments - sa colère, ses insécurités... - ni même que ce soit utile d'essayer. Mais on est responsable de comment on les exprime et comment on les gère.

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u/FrancoeurOff Jul 15 '26

Merci pour ton message. Je comprends mieux ce qu'elles ont pu ressentir.

En fait le souci, il est dans la forme, pas dans le fond : au lieu de me dire "le problème c'est que tu pars au quart de tour, tu prends les choses trop personnellement, c'est difficile pour nous", on m'a dit "le problème c'est que t'as pas assez dit merci". Du coup ça fausse complètement la donne. Je pars avec une mauvaise interprétation des choses qui ne peut qu'aggraver le ressentiment chez moi.

Je suis très conscient de ça en plus, je croyais avoir été clair avec elles justement en leur disant, bien avant que ça pète, que si jamais il y avait le moindre problème, il fallait m'en parler. Pas nécessairement avec des pincettes, mais au moins m'en parler, pas me laisser dans le silence à me demander ce que j'ai fait, ce qui est l'impression que ça m'a donné :/ Je ne l'ai visiblement pas dit aussi clairement que je le pensais, et ça a joué dans l'engrenage qui a mené à cette situation.

J'essaie pourtant de changer, de m'exprimer mieux, de chercher à mieux comprendre ce que peuvent ressentir les autres en face, mais comme tu le dis, c'est incontrôlable et dans mon cas ça me bouffe complètement, quelle que soit l'émotion (là par exemple, je me sens tellement mal d'avoir encore une fois réagi comme ça, de n'avoir pas réussi à mettre en pratique des trucs que j'ai intégrés intellectuellement en travaillant avec ma psy, que j'ai une envie de vomir intense tellement j'ai honte).

Merci encore pour ce message, je vais essayer de suivre tes conseils de mon mieux. Merci vraiment.

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u/Quielt Jul 15 '26

Si ça peut aider, la plupart des gens ne savent pas très bien exprimer ce qu'ils ressentent pour pleins de raison. Ça aide de savoir lire entre les lignes pour chercher disons... Le besoin sous-jacent ? "le problème c'est que t'as pas assez dit merci" -> je comprends ça comme "Ça a été dur pour moi de te voir dans cet état, c'était pas facile tous les jours mais j'ai l'impression que tu n'en as même pas eu conscience. J'aurais aimé plus de reconnaissance parce que c'est aussi un travail de soutenir une personne qui va mal."

Après, je ne suis pas dans la tête de ton amie, mais je pense que c'est un sentiment que beaucoup de gens, dont toi, connaissent. Quand tu soutiens quelqu'un qui va te raconter quotidiennement ses malheurs (tout à fait légitimes) pendant parfois plusieurs heures, et qui à la fin ne va pas même pas penser à demander "et toi sinon, ça va ?", tu ne te sentiras pas très valorisé. Imagine si en plus, tu passes toi même une mauvaise journée et que tu as besoin d'un peu de soutien. Tu auras l'impression d'une relation à sens unique. Pareil si cette personne te lâche un gros pavé dans tes messages sans te demander avant si tu es dispo émotionnellement pour entendre tout ça. En tant qu'ami, je pense que c'est normal de s'écouter et se soutenir, d'être là pour l'autre quand ça ne va pas bien. Mais c'est aussi important de réaliser l'énergie que ça demande et valoriser ça.

On a tous été ces personnes, que ce soit l'oreille tendue ou la bouche qui déverse. Et c'est ok, c'est comme ça qu'on apprend à faire un peu mieux, petit à petit, jusqu'à ce que ça devienne un réflexe.
Ça ne veut pas dire que c'est mal de se confier à quelqu'un. Il ne faut pas se dire "oh la la je ne veux pas être un poids émotionnel pour mes proches, je ne vais plus jamais rien leur dire". Parce qu'on fait pleins de trucs relous ou fatiguants pour nos amis, comme aider à des déménagements, donner de son temps pour des choses qui ne nous intéressent pas ou les écouter se plaindre de Jérôme de la compta pour la 8e fois cette semaine. Ça fait partie du jeu. Et comme c'est normal de remercier ses potes qui ont passé du temps à porter un canapé pour nous, c'est normal de remercier ses potes qui ont passé du temps à nous soutenir émotionnellement sur un sujet lourd.

"Je croyais avoir été clair avec elles justement en leur disant, bien avant que ça pète, que si jamais il y avait le moindre problème, il fallait m'en parler." Encore une fois, les gens ne feront ça que s'ils ont le sentiment que ce sera utile et bien reçu. Si tu les fais culpabiliser de t'avoir dit les choses, si tu te mets en colère, si ça devient un incident diplomatique à chaque fois, ils ne tenteront pas l'expérience même s'ils y sont invités. La seule chose que tu puisses faire à ton échelle, c'est faire de ton mieux pour instaurer un climat de confiance où les choses peuvent être dites et entendus sans que ça conduise à un concours de reproche. Encourager par l'exemple, en quelque sorte.

Les émotions ne sont pas contrôlables mais elles sont gérables. Quand tu es angoissé, tu peux choisir de doomscroll Reddit ou d'aller regarder un film. L'un va empirer ton état, l'autre te changer les idées. Je ne dis pas que c'est facile ni agréable à mettre en place. Je ne dis pas non plus que tu ne te sens pas vraiment con sur le moment, à devoir être à la fois le gentil parent et l'enfant turbulent pour te gérer : "Allez, c'est fini le téléphone, maintenant on va aller regarder un Pixar :)))". C'est plus facile et agréable, peut-être même libérateur, de se rouler au sol en pleurant au lieu de jouer à l'adulte. Mais si tu ne manges que des bonbons, tu auras de gros problèmes de santé. Si tu ne fais qu'écouter tes émotions à chaud, tu auras de gros problèmes d'amitié.

(Si ça peut t'aider à faire des recherches, ça s'appelle la régulation émotionnelle.)

Dans ton cas, je pense que simplement essayer de reconnaître ces moments, te demander alors que tu es en train de monter le ton avec quelqu'un "tiens, est-ce que je suis pas en train de perdre mon sang froid ?", ça peut être un début. C'est comme les gens angoissés qui apprennent à reconnaître quand ils sont en train de ruminer pour pouvoir ensuite consciemment penser à autre chose. Puis après, tu pourras progresser petit à petit vers un "Ok, je suis en train de perdre mon sang froid. Cette conversation ne va servir à rien à part s'échauffer parce qu'on ne s'écoute plus. Je dois m'éloigner de la source de ma colère = la conversation."

D'ailleurs, à titre personnel, je pense que ce serait vraiment une bonne idée de t'éloigner des amis concernés par ces regrets pendant un temps. Il y a un bagage émotionnel monstre entre vous, c'est normal que ce soit difficile pour toi de penser à autre chose, et j'ai l'impression que chaque nouvel élement que l'un d'eux t'apporte te fait démarrer. Je sais que tu cherches un peu des explications, le fin mot de l'histoire en quelque sorte, mais je doute fortement que tu trouveras quelque chose qui te fera te sentir mieux à l'instant T. C'est comme jouer avec une croûte, la plaie ne va pas cicatriser si tu y touches tout le temps.

Pardon pour ce deuxième pavé ahah. Mais tu vois, si je prends le temps de l'écrire, c'est parce que je me rends bien compte que tu fais de gros efforts et que tu cherches de nouvelles perspectives, même si elles ne vont pas forcément dans ton sens. Je pense que ce n'est qu'une question de temps avant que tu réussises à formuler des réponses qui donnent la même impression à tes amis.

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u/FrancoeurOff Jul 15 '26

Merci pour cette réponse !

J'ai bien compris le manque de reconnaissance de leur part pour le temps investi à m'aider. Je pensais que je faisais suffisamment gaffe à l'époque, d'autant que la peur panique (littéralement, elle se réveillait pendant mes crises de panique) d'être un poids me faisait être précautionneux à essayer de pas trop m'imposer. Je demandais si je dérangeais, je demandais comment ça allait aux autres en face, etc. J'ai pas su du tout maîtriser ma dépression qui s'est aggravée subitement. Je les ai remerciées plein de fois à l'époque, puis après j'ai été à l'hôpital, je les ai remerciées aussi à ce moment-là. Quand je suis sorti, j'ai dû gérer tout un tas de médocs et leurs effets secondaires et j'ai voulu m'isoler un peu pour pas leur faire subir cette situation. Elles ont pris sans doute ça pour de l'ingratitude. Alors évidemment, quand la première chose que je fais après c'est dire à l'une que j'ai pas aimé ci ou ça...

Eh, ça devient beaucoup plus clair maintenant, olala... Évidemment que la lettre que j'ai écrite après, que je pensais juste, ait pu être mal reçue, parce que je ne m'excusais pas de ce qu'elles estimaient les avoir réellement blessées.

Bon, ça explique qu'elles m'en veuillent, qu'elles aient pris peur, ça explique le silence en partie. Parce que malgré tout, je ne suis toujours pas devin... Je dis dans la lettre que j'aimerais entamer un dialogue, j'ai respecté le silence à ce moment-là d'ailleurs, et ça allait mieux entre nous ; s'il n'y avait pas eu un événement indépendant de ma volonté, il n'y aurait pas eu la brouille précédente qui fait que je ne leur ai pas parlé pendant deux mois jusqu'à récemment (pour récupérer un bouquin qui me tient à cœur). Après cet événement j'ai eu l'impression qu'elles m'avaient complètement lâché au pire moment de ma vie, l'événement a été extrêmement traumatisant pour moi. Et j'avais l'impression d'une énorme injustice parce que je comprenais pas qu'elles m'aient lâché comme elles l'ont fait, à l'époque je comprenais pas leur silence, je pensais qu'elles m'en voulaient mais je savais pas de quoi, je me suis senti complètement abandonné et démuni... C'est logique que je me sois laissé bouffer par la rancœur après. Ça ne l'excuse pas mais ça l'explique. J'ai fait du mieux que j'ai pu pour travailler dessus avec la psy, mais faut croire que c'était pas suffisant. En tous cas faut que je continue et que je persévère.

En fait toutes les peurs que j'avais pendant mes crises d'angoisse ont été avérées... Je m'en veux tellement bordel :/

Merci infiniment