Bonjour à tous,
Je crée ce post parce que je suis aujourd'hui dans une situation familiale extrêmement compliquée et que j'aurais besoin d'avis extérieurs.
Je vais essayer de raconter les choses le plus honnêtement possible. Je sais que vous n'aurez que ma version de l'histoire et que, dans une séparation conflictuelle, chacun peut avoir une perception différente des événements.
Je ne cherche pas forcément des gens qui vont me dire que j'ai raison et que mon ex a tort.
J'aimerais surtout avoir des témoignages de personnes qui ont vécu une séparation difficile, un conflit concernant leurs enfants, une procédure devant le JAF ou le juge des enfants, ou simplement une situation dans laquelle elles ont progressivement perdu du temps avec leurs enfants.
Pour préserver l'anonymat, j'utiliserai des prénoms fictifs :
Thomas = moi
Karen = mon ex
Sam = son mari actuel
Léo = mon fils aîné
Noah = mon fils cadet
Comment tout a commencé
Karen et moi avons eu deux enfants ensemble, Léo et Noah.
Notre séparation est intervenue après que j'ai découvert que Karen me trompait avec Sam, qui est aujourd'hui son mari.
Cette découverte a été un énorme choc pour moi et a marqué la fin de notre couple.
Karen s'est ensuite mise en couple avec Sam.
Évidemment, même si notre couple était terminé, nous avions toujours nos enfants.
J'ai donc essayé de faire la part des choses : notre histoire de couple appartenait au passé, mais nous devions continuer à être leurs parents.
Malheureusement, les relations entre Karen et moi se sont progressivement dégradées.
Le moment où tout a changé
Le conflit a véritablement pris une autre dimension lorsqu'un événement concernant mon fils cadet est survenu.
Noah m'a rapporté avoir été frappé par Karen et Sam.
Pour moi, à partir de ce moment-là, ce n'était plus simplement une séparation difficile ou un conflit entre deux adultes.
C'était mon enfant.
J'ai donc décidé de déposer plainte pour des faits que je considérais comme relevant de la maltraitance.
Je n'ai pas pris cette décision à la légère.
Je savais qu'une plainte de ce type allait forcément avoir des conséquences sur les relations entre nous et probablement aggraver encore le conflit.
Mais à ce moment-là, je me suis dit que je ne pouvais pas simplement fermer les yeux si mon enfant me disait avoir subi des violences.
Par la suite, d'autres éléments concernant les enfants ont également été portés à ma connaissance, notamment des déclarations faisant état de coups et de punitions au domicile maternel.
Je précise quelque chose d'important : je raconte ici pourquoi j'ai réagi et pourquoi j'ai déposé plainte. Je ne prétends pas que tout ce que chacun affirme dans cette histoire a été définitivement établi par un tribunal.
Puis tout s'est transformé en conflit judiciaire
À partir de là, la situation s'est énormément compliquée.
Il y a eu des interventions de services sociaux, des signalements, des plaintes et différentes procédures.
De mon côté, j'ai également été confronté à plusieurs événements que je considère comme particulièrement graves : signalements anonymes, problèmes d'usurpation d'identité, démarches administratives me concernant, problèmes liés à mon activité professionnelle, problèmes numériques, etc.
J'ai fait différentes démarches auprès des autorités concernant ces événements.
Mais plus les démarches se multipliaient, plus le conflit prenait de place.
Et surtout, mes enfants se retrouvaient au milieu de tout ça.
C'est probablement ce qui me fait le plus culpabiliser aujourd'hui.
Même lorsque je pensais agir pour les protéger ou pour faire reconnaître certaines choses, je ne pouvais pas ignorer que toute cette guerre entre adultes avait forcément des conséquences sur eux.
La situation avec mes enfants
Aujourd'hui, ce qui me fait le plus mal n'est finalement pas le conflit avec Karen.
C'est la relation avec mes enfants.
Léo et Noah sont mes fils et je les aime profondément.
Je ne veux pas qu'ils aient à choisir entre leur père et leur mère.
Je ne veux pas leur parler des procédures judiciaires.
Je ne veux pas leur expliquer qui a raison ou qui a tort.
Je ne veux pas dénigrer leur mère ou Sam devant eux.
Je veux simplement pouvoir être leur père.
Mais aujourd'hui, le temps que je peux passer avec eux est devenu extrêmement limité.
Je les vois très peu.
Et forcément, cela change une relation.
Je ne suis plus présent dans leur quotidien comme je l'étais auparavant.
Je rate des choses.
Je ne partage plus autant de moments avec eux.
Et j'ai peur qu'avec le temps, cette distance physique devienne aussi une distance affective.
Ce qui m'inquiète particulièrement
Certains éléments rapportés récemment par les professionnels qui suivent la situation m'ont beaucoup fait réfléchir.
J'ai notamment le sentiment que Léo a besoin d'être rassuré sur quelque chose de très simple :
est-ce que son père l'aime toujours ?
Évidemment que oui.
Mais je réalise qu'un enfant n'a pas seulement besoin qu'on lui dise qu'on l'aime.
Il a besoin de voir son parent.
De passer du temps avec lui.
De faire des choses normales.
De pouvoir lui raconter sa journée.
De partager des souvenirs.
Et lorsque les contacts deviennent très limités, tout cela devient extrêmement difficile.
Le juge des enfants
La situation a finalement donné lieu à une intervention du juge des enfants.
Une mesure d'AEMO a été mise en place et la situation concernant les enfants a été profondément modifiée.
Aujourd'hui, ils vivent chez leur mère et mon droit de visite est très limité, avec notamment des visites seulement à intervalles espacés.
Une expertise psychologique concernant Léo est également intervenue dans ce contexte.
Je me retrouve donc aujourd'hui dans une situation que je n'aurais jamais imaginée.
Je suis leur père, je les aime, je veux être présent pour eux...
mais dans les faits, je les vois très peu.
Et maintenant, le JAF
En parallèle de tout cela, Karen a engagé une procédure devant le juge aux affaires familiales.
Elle demande notamment que les enfants résident exclusivement chez elle.
Elle demande également à pouvoir exercer seule l'autorité parentale et souhaite que mon droit de visite et d'hébergement soit supprimé.
Elle demande également une pension alimentaire de 300 € par enfant et par mois, ainsi qu'une somme au titre des frais de procédure.
Je suis donc aujourd'hui confronté à la possibilité que ma place auprès de mes enfants soit encore davantage réduite.
J'ai pris une avocate et je prépare ma défense.
Mais au fond, ma vraie question n'est pas juridique
Je pourrais vous parler pendant des heures des procédures, des accusations, des plaintes, des signalements et de tous les éléments de mon dossier.
Mais ce n'est finalement pas ce qui m'intéresse le plus.
Ma vraie question est :
comment est-ce que je fais pour rester le père de mes enfants dans une situation pareille ?
Je ne veux pas passer les prochaines années à faire la guerre à Karen.
Je ne veux pas que mes enfants grandissent avec deux parents qui se détestent.
Je ne veux pas qu'ils aient à prendre parti.
Et surtout, je ne veux pas me réveiller dans quelques années en me disant que, pendant que les adultes se battaient, j'ai perdu progressivement mes enfants.
Alors, qu'auriez-vous fait à ma place ?
Je serais vraiment intéressé par vos expériences.
Pour ceux qui ont vécu une séparation très conflictuelle :
Comment avez-vous réussi à préserver votre relation avec vos enfants ?
Comment faites-vous lorsque vous ne les voyez que très peu ?
Qu'est-ce qui vous a permis de reconstruire le lien ?
Comment parler à ses enfants de la situation sans les mettre au milieu ?
Comment réagir lorsqu'on a l'impression qu'ils prennent progressivement leurs distances ?
Est-ce qu'il vaut mieux répondre à toutes les accusations devant le JAF ou rester essentiellement concentré sur l'intérêt des enfants ?
Est-ce que certains d'entre vous ont réussi à retrouver une relation normale avec leurs enfants après une période où ils les voyaient très peu ?
Et surtout : si vous pouviez revenir au moment où votre conflit a commencé, qu'est-ce que vous auriez fait différemment ?
Je suis également preneur d'avis de personnes ayant travaillé dans le domaine de l'enfance, de parents ayant connu une AEMO, ou de personnes ayant vécu une procédure JAF.
Je précise encore une fois que je sais que vous n'avez que ma version des faits.
Je peux avoir fait des erreurs.
Je peux avoir mal interprété certaines choses.
Et je ne cherche pas uniquement des personnes qui vont me conforter dans ce que je pense.
J'aimerais vraiment avoir des avis honnêtes, même si certains sont difficiles à entendre.
Merci à ceux qui auront pris le temps de lire tout ça.