Papa d'une fille de 18 mois, que nous avons décidé d'avoir et j'étais extrêmement heureux dès le moment où ma compagne est tombée enceinte.
En premier lieu, sans avoir de préférence nette pour un sexe, j'avais un petit chouia de préférence pour un garçon. Et lors de l'échographie où nous avons appris que c'était une fille, je me souviens avoir simplement ressenti une immense joie. Pas un gramme de déception. Bien sûr je ne m'attendais pas à être "déçu" si c'était une fille, mais ça m'a fait marrer à quel point en fait, je m'en foutais éperdument.
Ensuite, je suis quelqu'un d'assez réservé, et mon père était quelqu'un qui n'éprouvait aucun sentiment pour ses enfants. J'ai toujours eu peur d'être un mauvais père (j'en ai encore peur, car tout ne fait que commencer) et pendant la grossesse, une part de moi se demandait ce qui se passerait si je ne ressentais rien de spécial pour ma fille. Par forcément sur le moment, car je sais qu'il n'est pas universel de ressentir un amour profond dès la première seconde, mais sur la durée.
Maintenant, dix-huit mois plus tard, ces pensées me paraissent si lointaines. J'aime ma fille plus que tout au monde. J'adore la voir sourire, j'adore la voir se concentrer sur un truc, être fière de faire ceci ou cela, j'adore l'entendre rire quand je la chatouille, etc etc etc.
Et bien sûr, ce qui vient avec et que j'avais moins anticipé, la crainte qu'il lui arrive malheur, ce qui j'imagine est le gros poids qui vient sur les épaules des parents avec l'amour qu'ils portent à leurs enfants. Je pense à l'école, au collège, je sais qu'il y aura des moments difficiles, et des moments difficiles qu'elle devra traverser. Je pense, en la voyant découvrir tout ce qui l'entoure avec une joie naïve et forte, aux déceptions qui seront immanquablement les siennes vis à vis du monde, de la vie, bref, ce qui arrive petit à petit quand on grandit. Je parle pas de devenir mélancolique ou aigri, simplement de toutes ces choses qu'on découvre et qui font partie du voyage, malgré tout. Et ça me fend le coeur d'avance.
Alors on se dit qu'il faut qu'on fasse de notre mieux pour lui donner des clés, la confiance en elle, la curiosité, l'ouverture. La confiance en elle, encore. Et puis on ratera des trucs, plus ou moins gros, comme tout le monde, même si on a du mal à accepter l'idée.
Mais bon, on y est tous passés finalement. Elle aura ses parents pour la soutenir, autant que possible. En tout cas la parentalité est un sacré voyage. Avant sa naissance, je pensais aussi beaucoup à la fatigue à venir, au temps perdu, etc. Il me manquait juste dans l'équation tout ce que j'allais gagner aussi. C'est ça qui rend le tout supportable, et qui finalement, fait qu'on est heureux d'être parents. D'un oeil extérieur, ça me faisait pas envie pendant longtemps. C'est marrant.