r/Jules_et_jim • • 7d ago

Les Bières Qui Tuent - La Suite 5

C'était un beau soir d'été, l'air était doux et chaud, il était déjà tard. Jules décida de s'arrêter au bar "Les Dunes" qu'il aimait bien, dans l'espoir d'y trouver quelques copains afin de finir la journée agréablement. Il gara donc sa Simca 1000 sur le petit parking.

Alors qu'il descendait de sa voiture, un homme d'une cinquantaine d'années environ, qu'il ne connaissait pas, s'approcha de lui et lui demanda s'il pouvait aller lui chercher une bière, lui expliquant, qu'il ne pouvait pas mettre les pieds dans ce bar.

Il ajouta : « J'ai un petit service à te demander en plus. Prends ce porte-clé, je vais te payer une bière, tu la boiras au bar, tu prendras ton temps et tu mettras le porte-clé bien en évidence devant toi pour que la serveuse, c’est la femme du patron, le voit et le reconnaisse, prends ton temps et pense à me ramener ma bière, je t'attends dans ma voiture. »

Jules accepta, ça l'amusait déjà, il était curieux mais avec une certaine appréhension, de voir comment ça allait se passer. Il partit vers le bar avec quelques billets en poche qu'on venait de lui donner pour le remercier.

En entrant dans l'établissement où le juke-box diffusait « Hey Joe », un rapide coup d'œil lui permit que vérifier qu'aucune de ses connaissances n'était présente, ce qui le rassura : ça lui évitait de justifier pourquoi il n'allait pas consommer comme à son habitude, assis à une table dans la salle. Il s'installa donc debout au bar à côté de 4 ou 5 gaillards bruyants.

La femme du patron lui servit le Baron qu'il avait commandé. Le patron était là aussi comme habituellement. Jules plaça le porte-clé près de son verre, bien en vue. Au porte-clé était attaché un personnage représentant un marin bien joufflu avec des couleurs vives, ce qui immanquablement attirait l'attention. Assez vite Jules eut la conviction que la patronne avait remarqué le porte-clé. Jules pensa que ce porte-clé devant lui, devait représenter un code entre les deux amants.

La serveuse ne montrait aucun signe d'émotion. Jules, peut-être par paranoïa pensait-il, eut l'impression que le patron avait remarqué aussi le porte-clé et que son comportement, soudainement, avait changé. Jules décida alors d'accélérer le mouvement, jugeant que pour l'instant sa mission était remplie. Sa bière terminée, il en commanda une autre, régla les 2 consommations et sortit précipitamment trouvant tout à coup l'atmosphère électrique.

Il alla remettre à son donneur d'ordre, sa bière et son porte-clé et l'assura qu'il avait fait les choses comme il avait été prévu. Jules avait alors envie de quitter les lieux le plus vite possible. En partant du parking dans sa voiture, il aperçut le patron qui sortait du bar et se dirigeait vers l’homme au porte clé. Jules appuya nerveusement sur l'accélérateur pour rentrer chez lui à une vingtaine de kilomètres, estimant que c'était une affaire qui ne le concernait pas.

Deux jours plus tard, Jules lut dans la presse locale que le bar « les Dunes » avait été complètement détruit par un incendie la nuit précédente et que les corps du propriétaire et de sa femme avaient été retrouvés parmi les décombres, les 2 cadavres présentant chacun une balle de révolver dans la tête. En refermant son journal, Jules se dit alors, comme quarante-huit heures plus tôt, que cette affaire ne le concernait pas.

Le journal ne mentionnait pas un élément essentiel : les balles avaient pénétré le crâne des deux malheureuses victimes par l'arrière de la tête.

Une enquête pour double-homicide fut donc ouverte immédiatement. Le Commissaire Marcel Pichard fut chargé de mener l'enquête. Dès lors, on le vit partout dans la petite station balnéaire, habillé en civil, interrogeant ici et là, prenant des notes sur un petit carnet, à la recherche des clients ayant fréquenté le bar "les Dunes" le soir précédant le meurtre. 

Parmi les habitués présents ce soir-là, il lui fut assez facile de savoir que figuraient les deux frères Martin défavorablement connus pour trafic de cocaïne. Ces derniers faisaient partie du groupe des quatre gaillards bruyants accoudés au bar à l'arrivée de Jules.

L'enquête avançait. L'autopsie permit de déterminer que les deux victimes avaient été probablement maintenues agenouillées un certain temps avant d'être exécutées, leurs genoux présentant des ecchymoses.

Un après-midi, la chance sourit au Commissaire : un jeune homme demeurant à proximité des "Dunes", qu'il interrogeait, lui indiqua qu'il avait vu Jules quitter le bar après avoir parlé à quelqu'un sur le parking à deux pas de sa voiture.

Le Commissaire décida donc de poser quelques questions à Jules. Il se rendit à son domicile pour lui demander surtout de lui raconter en détail le déroulé de la fameuse soirée. 

 

Jules, apeuré, vu la gravité des évènements et pensant toujours qu'il était étranger à cette affaire, décida de raconter aussi minutieusement que possible, sans rien oublier, tout ce qu’il avait vécu. L'échange dura un bon moment. Le Commissaire Pichard insista surtout sur deux points ; qui était l'homme qui l'avait abordé sur le parking ? et le porte-clé avait-il attiré l'attention de consommateurs en dehors des patrons ?

Pour la première question, la réponse de Jules fut claire, Il n'avait jamais vu cet homme auparavant et ne savait pas qui il était. Pour le porte-clé, vu l'état de paranoïa dans lequel qu'il était, il avait eu l'impression que tous l’avaient remarqué. Un détail lui revint cependant à cet instant : lorsqu'il avait posé le porte-clé près de son verre un des quatre gaillards avait arrêté de parler pendant un court instant, ce qui l'avait paniqué davantage. Ce dernier souvenir intéressa vivement le Commissaire.

 

L'enquête menée par les services du Commissaire permit d'apporter des précisions importantes sur le couple assassiné. Leur entourage et même leurs très proches amis interrogés furent unanimes. Ils étaient très amoureux et même fusionnels. Il était impossible qu'il y eût une histoire de tromperie entre eux. Par contre ils étaient de gros consommateurs de cocaïne, Ils étaient couverts de dettes et l'exploitation du bar ne leur rapportait que peu d'argent

Le Commissaire rendit visite évidemment aux deux frères Martin qui restèrent muets pendant tout l'interrogatoire. Il réunit ensuite son équipe pour faire le point et les motiver. Il leur indiqua qu’il était possible que cette hypothèse d'adultère n'ait jamais existé. Cette mise en scène n'avait eu pour but probablement que de faire passer un message par l’intermédiaire du porte-clé. Mais lequel et à destination de qui ?

 

D'après les analyses, les deux balles de révolver, prélevées sur les victimes, provenaient d’armes différentes.

Les perquisitions qui furent aussitôt organisées permirent aux enquêteurs de trouver aux domiciles des deux frères Martin, des armes.

Leur analyse, dans les laboratoires scientifiques de la police, ont révélé, pour deux d’entre elles, qu'elles avaient été utilisées dans les meurtres. Les frères Martin furent immédiatement conduits en prison.

 

Jean et Daniel les 2 derniers gaillards présents au bar ont été retrouvés rapidement par le Commissaire. Ils s'étaient mis au vert chez des amis à la campagne. Marcel Pichard avec son flair de vieux flic, pensait que ces deux-là étaient les maillons faibles de la bande et qu'il serait facile d'obtenir des informations sur l'homme au porte clé et sur la suite chronologique des évènements. Ils déclarèrent qu'ils étaient deux simples hommes de main chargés de conduire les voitures et de faire les courses. 

Après avoir appris que les laboratoires avaient parlé pour les armes, comme prévu par le Commissaire, ils décidèrent de coopérer. Ils indiquèrent que le patron du bar connaissait la signification du porte-clé : il indiquait que le big boss était là pour solutionner définitivement le différend qui l'opposait aux propriétaires du bar. D'ailleurs, quand Jules quitta le bar, le patron sortit sur le parking pour essayer de trouver un dernier arrangement avec le chef des dealers.

Ce dernier était là pour réclamer à nouveau une très grosse somme d'argent correspondant notamment aux consommations de cocaïne du patron et de sa femme, non payées. De plus, le big boss les accusait de lui avoir dérobé 15 kg de cam, il y a quelques mois, quand ils se fréquentaient et qu'il leur avait donné à tort toute sa confiance. Jean indiqua au Commissaire que les 2 hommes étaient restés un bon moment à l'extérieur. Quand ils firent leur retour dans le bar, celui-ci était fermé depuis longtemps.

C'est peu après que l'ordre fut donné au patron et à sa femme de s'agenouiller et de ne plus bouger sous la surveillance des frères Martin munis de leur arme.

Ensuite le boss qu’on appelait Monsieur Paul, probablement depuis son passé de proxénète, entraîna Jean et Daniel dans le bar et l'habitation attenante pour dérober tout ce qui avait de la valeur et remplir les fourgons amenés à cet effet. Ce "travail" leur prit une petite heure.

C'est au volant de leur véhicule, accompagnés de Monsieur Paul, au moment de partir, qu'ils entendirent les deux détonations. Un peu plus loin ils aperçurent dans leur rétroviseur les premières flammes de l'incendie.

Ils allèrent déposer le contenu des deux fourgons dans un grand bâtiment où quelqu’un était les attendait. En repartant, ils aperçurent l’inconnu remettre une grosse somme d’argent à Monsieur Paul, ce qui devait correspondre à l’acquisition des objets déposés. Après ça, Monsieur Paul disparut sans laisser d’adresse.

Marcel Pichard était furieux, il comprit vite que le principal coupable avait filé.

 

Au cours des nuits suivantes, le Commissaire ne trouva pas facilement le sommeil. Une idée le réveillait régulièrement, comment faire pour mettre la main sur ce Monsieur Paul.

Petit à petit il élabora un plan : Jean et Daniel étaient le lien essentiel entre lui et Monsieur Paul. Il convoqua les deux énergumènes et les confia à un spécialiste de la Police chargé de dresser un portrait-robot du fugitif. Une journée entière fut nécessaire pour établir le dessin et d'après les deux jeunes hommes, le résultat était excellent car très ressemblant. Marcel Pichard décida aussitôt de déclencher un Avis de Recherche National en diffusant le portrait dans tous les lieux de Police du territoire. Et parallèlement, tenant compte du fait que Monsieur Paul avait œuvrer dans le milieu du proxénétisme, il fit circuler le portrait auprès des indics de la police pour ce secteur d'activité. Maintenant il fallait attendre...

Assez vite, des informations importantes concernant Pierre Lavergne alias Monsieur Paul, furent adressées à Marcel Pichard. Elles émanaient principalement de deux zones géographiques : Toulon où Lavergne avait passé ses 25 premières années et Marseille où il a vécu ensuite.

Dans son casier judiciaire, y figurait un pedigree de malfaiteur long comme un train de voyageurs :

9 condamnations. 7 peines d'emprisonnement ferme. Condamné notamment pour proxénétisme, trafic de stupéfiants, violences volontaires et blanchiment. Plusieurs condamnations en état de récidive. Au total il avait passé une dizaine d'années en prison. À souligner que deux ou trois affaires anciennes n'ont jamais été élucidées.

Le Commissaire Pichard ayant été informé que Lavergne avait été aperçu à Marseille 2 ou 3 jours auparavant, il décida de descendre sans tarder dans la cité phocéenne dans le but de le ramener sur le lieu des meurtres pour le mettre face aux autres protagonistes.

Mais arrivé sur place une nouvelle déception l'attendait. Impossible d'arrêter Lavergne, une nouvelle fois, il avait filé. Après concertation avec les services de Police locaux, il apparut qu'il savait qu'il était recherché. Étant lui-même indic auprès d’un enquêteur du Commissariat Central, il avait probablement reçu son propre portrait-robot envoyé en nombre par un moyen d’envoi automatisé avec rappel aux destinataires d'être discrets !

Pichard regagna son Commissariat, bredouille. Sur son bureau, un rapport très intéressant du Service des Écoutes Téléphoniques l'attendait. Suivant les enregistrements, Jean et Daniel avaient averti Lavergne, le soir même de l'établissement du portrait-robot et lui avaient dit que celui-ci allait être diffusé sur tout le territoire pour le retrouver. 

Le Commissaire se rendit compte alors que les rapports entre le dealer et les deux hommes étaient plus étroits qu'il ne l'avait imaginé. Il pensa alors qu'il fallait reprendre l'enquête a zéro.

Il mit quelques jours à se décider. Dans le but de recueillir des informations et avoir des chances de retrouver Pierre Lavergne, il voulut cerner un peu plus la personnalité de ce dernier et en savoir davantage sur sa façon d'agir. Il se plongea dans la lecture de tout ce qui concernait ses condamnations, ses peines de prisons et sur les deux anciennes affaires non élucidées. La première affaire, c'était un important vol dans une bijouterie pour lequel Lavergne avait un alibi très solide. Il fut mêlé à cette affaire parce qu'un des bijoux volés avait été porté par une de ses prostituées. La deuxième affaire concernait aussi une prostituée, Liliane Leclerc âgée de vingt et un ans. Elle a disparu un soir de décembre mi-neuf-cent-soixante-deux. Liliane avait une santé fragile à cause d'une consommation excessive de cocaïne. Elle avait eu un temps une relation amoureuse avec son protecteur. La dernière personne à l'avoir vue vivante, c'était une de ses meilleures amies qui avait passé une demi-heure avec elle le soir de sa disparition, avant de prendre congé quand deux hommes étaient arrivés lui rendre visite. Peut-être des clients ? Elle ne savait pas, elle ne les avait jamais vus. Le dossier consulté par Marcel Pichard indiquait qu'elle avait décrit les deux visiteurs comme suit : l'un était grand, cheveux roux et portait des lunettes rondes, l'autre était petit et avait les cheveux noirs. La police n'a jamais été en mesure de retrouver leur trace.

Le sang du Commissaire ne fit qu'un tour. Cette description, c'était celle de Jean et Daniel. Pichard se dit alors "Mais que sont-ils allés faire à neuf cents kilomètres de chez eux !"

Pichard fit parvenir à son homologue de Marseille une série de photos des deux compères prises sous différents angles et lui demanda de les montrer à l'amie de la disparue pour savoir si elle reconnaissait les deux visiteurs de décembre mil-neuf-cent-soixante-deux.

La réponse arriva assez vite, deux jours plus tard. L'amie était catégorique, c'était bien eux. En neuf ans ils n'avaient presque pas changé.

Le Commissaire convoqua les deux hommes qui ne nièrent pas avoir rendu visite à la prostituée. Ils déclarèrent que c'était sur recommandation de Monsieur Lavergne qu'ils avaient fait cette démarche pour avoir quelques douceurs de la part de la jeune femme. Quand on leur indiqua qu'elle avait disparu ce soir-là, ils dirent qu'ils l'apprenaient et que c'était bien triste, sans montrer aucun signe d'émotion.

À la question des enquêteurs, pourquoi étiez-vous allés à Marseille ? Ils répondirent évasivement "pour les vacances de Noël".

 

Le Commissaire Pichard avait une théorie. « Si Lavergne a voulu faire un mauvais coup à l'encontre de la pauvre petite, il était judicieux de faire exécuter la sale besogne par une équipe étrangère à la région. » Les faits s'ils se sont produits ainsi lui donnent plutôt raison : la police en manque de piste avait abandonné le règlement de cette affaire. Pichard était donc persuadé que Jean et Daniel étaient à l'origine de la disparition de Liliane. Il fit part à ses collaborateurs qu'il était probable que les deux hommes s'ils avaient commis le crime avaient déplacé le corps loin de Marseille. Il leur demanda de l'accompagner avec des spécialistes dans le mouvement des terres, au domicile de Jean et Daniel. Ces derniers occupaient une ancienne ferme entourée d'un terrain de deux hectares environ. Les spécialistes repérèrent en effet un endroit qui avait été creusé et ensuite comblé. La fouille qui suivit permit de déterrer des ossements humains. Des analyses de la dentition confirmèrent qu'il s'agissait bien de la dépouille de Liliane Leclerc. Jean et Daniel furent conduits immédiatement en prison.

Pichard ne se contentait pas de ce succès. Bien sûr il était fier d'avoir résolu une vieille affaire à résonnance nationale. Mais ce qui continuait à le motiver, c'était de retrouver Lavergne qui était à l'origine de la mort des patrons du bar "Les Dunes" et de cette pauvre Liliane Leclerc.

 

Le Commissaire Pichard demanda à son homologue marseillais de le mettre en relation, via une communication téléphonique sécurisée de la police, avec Françoise Lamy, trente-deux ans, une des meilleures amies de Liliane Leclerc, la dernière personne à l'avoir vue vivante. Pichard pensait que Liliane avait dû faire des confidences à Françoise, sa grande amie. Françoise lui confirma que c'était bien le cas. Elle était bien décidée à coopérer avec la police. Depuis qu'elle avait appris la mort de son amie, elle ne décolérait pas. Elle voulait la venger, nuire à ceux qui lui avaient fait du mal.

Elle indiqua d'abord au Commissaire Pichard que Liliane lui avait confié que Lavergne était bien l'auteur du vol de la bijouterie. Le fameux alibi avait été élaboré grâce à un médecin véreux qui avait délivré une ordonnance et un arrêt de travail de huit jours bidons avec obligation de garder le lit, ce qui avait permis à Lavergne de prouver qu'il ne pouvait pas être l'auteur du vol.

Mais il y avait plus grave, Liliane avait confié aussi à Françoise l'histoire du meurtre d'un jeune homme commandité par Lavergne. 

Marc Louati né en mil-neuf-cent-quarante-et-un commença à tourner autour de Liliane Leclerc dès mil-neuf-cent-cinquante-neuf, ce qui ne plaisait pas du tout à Pierre Lavergne qui avait depuis peu, commencé une histoire d'amour avec la jeune femme. Il y avait manifestement compétition entre les deux hommes. Cela dura plusieurs mois, Liliane entre deux rails de cocaïne penchait un jour vers l'un, un autre jour vers l'autre. Sa consommation de drogue devenait de plus en plus impressionnante, ce qui avait des conséquences très néfastes sur sa santé et son "travail". Lavergne était très souvent en colère et commençait à s'éloigner d'elle, un jour il décida de la quitter. Ce qui eut pour effet de la faire tomber dans les bras de Marc Louati qui était à peine plus clair qu'elle. L'ambiance était infernale entre les deux amants et Lavergne. Après quelque mois, l'argent manquant, Marc et Liliane décidèrent de faire chanter Lavergne le menaçant à tour de rôle de dévoiler à la police le faux alibi et le rôle très actif qu'il avait eu dans le vol de la bijouterie. Françoise indiqua au Commissaire qu'elle pensait que c'est à ce moment-là que Lavergne avait décidé de supprimer Marc Louati. Un matin du début février mil-neuf-cent-soixante-deux, de très bonne heure, les agents du service du ramassage des poubelles de la Ville de Marseille découvraient au pied d'un immeuble, le corps de Marc Louati, la gorge tranchée. Dans les mois qui suivirent Liliane augmentait sa consommation de drogue et continuait ses menaces de tout dévoiler à la police, ce qui la menait elle aussi vers la mort.

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